MONTREAL, le 27 octobre 2005 - / LBR.ca / - Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), M. Réjean Parent, dénonce, encore cette année, le bulletin des écoles secondaires rendu public aujourd’hui par l’Institut économique de Montréal (IEDM) et publié par la revue L’actualité. « Cette année encore, avec cette sixième édition, nous en arrivons à la même conclusion : le palmarès des écoles secondaires manque de rigueur. Il est inutile et trompeur. En publiant ce palmarès, la revue L’actualité prétend vouloir brasser le monde de l’éducation. Il n’en est rien. Dans les faits, ce palmarès n’est qu’un exercice pour vendre la supposée supériorité des écoles privées sur le dos des écoles publiques et de leur personnel », a déclaré M. Réjean Parent.
Un outil pour privatiser l’éducation au Québec
L’IEDM produit le palmarès des écoles secondaires en collaboration avec l’Institut Fraser de Vancouver. Ces deux organismes sont reconnus pour promouvoir un programme néolibéral. Ils souhaitent une plus grande privatisation de l’éducation et même la mise en place de bons d’études. La publication du palmarès sert ces fins, au Québec comme ailleurs au Canada.
La Centrale des syndicats du Québec se fait un devoir, depuis plusieurs années, d’expliquer les effets pervers des nombreux mythes se retrouvant dans cette publication et alimentant une polémique qui sert des intérêts privés au détriment du bien commun, au détriment d’une éducation publique gratuite et de qualité.
Depuis la première publication du palmarès en 2000, les écoles privées et certaines écoles publiques sélectives se retrouvent systématiquement en tête de liste, tâche relativement facile pour ces écoles lorsque l’on considère qu’elles sélectionnent les meilleurs élèves à l’entrée et qu’elles excluent de leurs rangs les élèves ne pouvant maintenir des notes élevées. En queue de peloton, on retrouve, sans surprise, les écoles de milieux défavorisés assumant les lourdes responsabilités dévolues à une école publique commune. Pas surprenant dans ces conditions que les écoles privées tiennent le haut du pavé.
Les auteurs du palmarès tentent, depuis 2003, de remédier à ce défaut méthodologique en développant une cote tenant compte de certaines caractéristiques des écoles. Encore cette année, ils cherchent à démontrer que cette cote permet d’évaluer, en partie, l’évolution d’une école par rapport à une autre. « Bonifier un biais méthodologique, c’est rendre l’erreur encore plus flagrante », a souligné M. Parent.
Des inégalités scolaires qui expriment des inégalités sociales
Cette hiérarchisation des écoles recoupe une hiérarchisation socio-économique. En effet, les revenus moyens des parents des écoles en haut de liste sont de loin supérieurs aux revenus moyens des parents des écoles en bas de liste. En fait, le palmarès nous informe tout autant sur les différences socio-économiques existant entre les écoles secondaires que sur leur prétendue performance scolaire respective.
Ce constat commande toutefois qu’au lieu de financer grassement des écoles privées servant à une petite élite, le gouvernement Charest devrait favoriser et mettre en place de véritables mesures de soutien : des mesures pour les élèves du primaire accumulant du retard dans leurs apprentissages, des solutions véritables pour les élèves du secondaire ne se sentant plus capables de poursuivre leurs études jusqu’à l’obtention de leur diplôme, des ressources, des moyens et des outils pour le personnel scolaire ayant la mission de faire réussir le plus grand nombre d’élèves.
« Ce gouvernement doit affirmer l’importance qu’il accorde à l’éducation publique et investir massivement dans les écoles de ce réseau si nous voulons atteindre l’objectif ambitieux que nous nous sommes fixé, comme société, pour l’éducation publique, à savoir de faire réussir le plus grand nombre d’élèves », a indiqué M. Parent.
Un palmarès qui fournit une information trompeuse aux parents
Le palmarès est non seulement inutile, il est nuisible. D’abord, il encourage une compétition malsaine entre les écoles privées et les écoles publiques et, ensuite, entre les écoles publiques qui s’arrachent les élèves performants. Et on ne s’y trompe pas. Lors de la publication du palmarès, il est annoncé, sans discernement, que les écoles privées dominent les écoles publiques. Conséquence : les demandes d’inscription et la fréquentation dans les écoles privées explosent, accroissant ainsi la fracture sociale et scolaire existant entre les réseaux public et privé. Aujourd’hui, plus de 30 % des élèves de la région de Montréal fréquentent une école privée.
L’IEDM tente de nous convaincre que son palmarès est la seule vraie information disponible pour les parents voulant choisir une école pour leurs enfants. Dans les faits, les données utilisées par l’IEDM sont exactement les mêmes que celles que le ministère de l’Education, du Sport et du Loisir rend disponibles dans son site Internet au milieu du mois de mai et qu’il publie en juin de chaque année.
Mais, il existe des solutions alternatives pour les parents voulant une information de qualité, permettant de bien connaître l’école que fréquenteront leurs enfants. Depuis quelques années déjà, toutes les écoles du Québec fournissent un rapport de leurs activités annuelles, disponible au grand public. Ce rapport permet aux parents de bien comprendre le projet éducatif de l’école (les valeurs importantes, les grandes orientations en matière d’instruction, de socialisation et de qualification). Il permet également de vérifier si les objectifs que s’est fixés l’école, en début d’année, ont été atteints et que des efforts ont été faits en ce sens. Ce document constitue la meilleure manière de connaître réellement ce qu’une école peut offrir à un enfant et comment elle peut l’aider à cheminer vers la réussite.
« La CSQ conteste le palmarès des écoles secondaires parce qu’il démotive les jeunes, contribue à creuser les écarts entre les écoles publiques et privées, décourage le personnel et ne participe nullement à l’amélioration du système éducatif québécois. Et, comme le soulignait un chercheur en éducation:
« On peut dire, données empiriques à la clé, qu’une bonne école se caractérise par une équipe pédagogique solidaire où les enseignantes et les enseignants travaillent en équipe, s’épaulent, échangent leurs élèves, créent un esprit d’école. Au-delà de la qualité de l’enseignement - qui est bien sûr un critère -, la bonne école est celle qui a un projet ». Bien des éléments que le palmarès de L’actualité est incapable de mesurer », a conclu le président de la Centrale des syndicats du Québec.
Profil de la Centrale des syndicats du Québec
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) représente 172 000 membres, dont près de 125 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant dans le domaine de l’éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.
Site Web : www.csq.qc.net
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/Renseignements: Annick Bélanger, Attachée de presse, CSQ,
Cell.: (514) 235-5082/
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