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Réaction de la FEUQ au manifeste « Pour un Québec lucide » :

Voici le retour à la Grande Noirceur!
2005-10-20 09:24 - Communiqué de presse

MONTREAL, le 20 octobre 2005. - / LBR.ca / - Le manifeste Pour un Québec lucide tient des propos alarmistes, rétrogrades et néo-conservateurs, offrant l’alourdissement du fardeau fiscal de la classe moyenne comme seule solution aux défis que doit relever le Québec. Peu révélateur de la situation réelle du Québec, notamment en matière d’éducation postsecondaire, le discours tenu défend une idéologie de droite et ne laisse aucunement entrevoir de solution réelle aux obstacles posés par le choc démographique. Pis encore, les supposées solutions constituent en fait une attaque à la mobilité sociale.

Propos mensongers et désinformation

Les auteurs occultent des faits importants et des valeurs fondamentales à la société québécoise qui, pris en considération, n’autorisent pas d’émettre des conclusions aussi mésadaptées sur le financement des services publics, notamment en matière d’éducation.

Il est mensonger d’affirmer que toutes les études consacrent le dégel des droits de scolarité comme la seule solution acceptable au sous-financement des universités. Au contraire, de multiples parutions explicitent les nombreux effets néfastes de l’augmentation des frais de scolarité sur l’accessibilité aux études. Comme le précise François Vincent, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ): « Avant de parler et d’affirmer des faits erronnées, M. Bouchard devrait commencer se renseigner sur le sujet. »

Selon les données du MELS, la principale raison d’abandon des études postsecondaires est d’ordre financier. Aussi, en septembre 2005, une recherche de Statistique Canada explicitait que l’augmentation des frais de scolarité entraîne une baisse des inscriptions aux études postsecondaires pour les étudiants de la classe moyenne.

« Dans le contexte socio-économique actuel, le dégel des droits de scolarité serait la pire décision pour assurer à la mobilité sociales, au choc démographique, à la régénérescence du système d’innovation, à la qualification des Québécois et, par conséquent, à la croissance économique du Québec », ajoute-t-il.

De manière plus évidente encore, le dégel des frais de scolarité n’est pas une solution au sous-financement des universités. Une fois de plus, ces pseudos leaders québécois passent sous silence certaines données cruciales sur le sujet. Les dégels ont toujours été suivis d’un désinvestissement massif de l’Etat en matière d’éducation. Après le dégel de 1989 à 1994, le gouvernement s’est désengagé d’une façon plus grande que l’augmentation des frais de scolarité, attaquant directement l’accessibilité aux études et diminuant en même temps la qualité de la formation.

Comprendre la condition étudiante

Un autre aspect dont les ténors du désengagement étatique en matière sociale ne font aucun cas est celui de la condition économique précaire des jeunes d’aujourd’hui. Alors qu’ils ne manquent pas de souligner de manière méprisante l’endettement des Québécois, ils proposent plutôt d’augmenter leur fardeau fiscal et de transférer l’endettement aux générations montantes.

Les jeunes d’aujourd’hui ont vécu une augmentation drastique de l’emploi atypique et diminution de leur revenu. En effet, le revenu moyen des étudiants a diminué de 6% depuis 1994 réduisant ainsi considérablement leur capacité à payer. De plus, la situation n’est guère plus rose une fois sur le marché du travail. Une récente étude du Congrès du travail du Canada démontre que les jeunes de moins de 24 ans gagnent 25% de moins que les travailleurs du même groupe d’âge ne gagnaient il y a une génération.

« Les pistes proposées par les ténors conservateurs québécois inhiberaient le plein épanouissement de la jeunesse et augmenterait les obstacles qu’elle confrontera avec le choc démographique « , s’oppose François Vincent.

Investissement public en éducation : un choix porteur d’avenir

Au-delà de la capacité à payer, investir en éducation est d’abord et avant tout un choix politique. Un choix que les auteurs du manifeste relayent aux oubliettes. Pourtant, s’il est bien un événement qui ait permis aux Québécois de se sortir de la Grande Noirceur, ce fut la démocratisation de l’éducation et la création d’un système d’éducation supérieur accessible. Eux qui semblent être préoccupés par l’héritage à laisser à leurs enfants, ces acquis sont de loin ce qu’ils ont de plus précieux à leur offrir. Investir massivement en éducation est un choix politique porteur d’avenir. A cet effet, rappelons que les données du MELS démontrent qu’un diplômé universitaire rapportera durant sa vie active 7 fois ce que l’Etat aura investi pour sa formation.

La FEUQ souligne aussi qu’un consensus québécois fort réunit les étudiants, la CREPUQ et le gouvernement québécois quant aux revendications concernant les paiements de transferts pour l’éducation postsecondaire. Le sous-financement des universités québécoises est le résultat des coupures dans les transferts fédéraux pour l’éducation postsecondaire effectués dans les années 1990; cela n’a rien à voir avec les frais de scolarité.

« Il est possible d’accroître la qualité de nos universités sans attaquer l’accessibilité aux études postsecondaires, l’inverse serait absurde et irresponsable! », selon François Vincent.

Des intervenants aussi peu légitimes que représentatifs

Les prophètes de l’apocalypse dressent un portrait bien noir de l’avenir du Québec en prétextant le faire pour le bien de la jeunesse. « Ils ne sont absolument pas représentatifs de la génération montante et il est odieux qu’ils s’expriment en notre nom, au nom d’une génération qui s’est mobilisée à plus de 100 000 dans les rues pour des valeurs d’accessibilité et de justice sociale. Certes pas d’une génération qui est l’avenir du Québec et qui aura à assumer les répercussions du choc démographique. Le paternalisme dont ils font preuve à notre égard n’est pas nécessaire ni acceptable. Nous sommes capable de faire et d’assumer nos choix l’essence de leur propos attaque les chances de la jeunesse d’affronter les défis des années à venir », conclut François Vincent.

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/Renseignements: Véronique Martel, Attachée de presse, FEUQ, Bur :
(514)396-3380, Cell : (514) 668-7764/

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