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Un sondage national révèle un courant d’activités de commercialisation et de financement dans les écoles canadiennes

Un courant inquiétant d’activités commerciales et une dépendance par rapport à des sources auxiliaires de financement sont en train de s’implanter dans les écoles du Canada.
2005-07-15 12:02 - Communiqué de presse

SASKATOON, le 15 juillet 2005 - / LBR.ca / - Voilà les résultats préliminaires d’un sondage national qu’ont réalisé, pendant l’année scolaire 2004-2005, auprès de 3 100 écoles financées par l’Etat la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE), le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) et la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) (membre de la Centrale des syndicats du Québec). Ces résultats ont été diffusés aujourd’hui à l’Assemblée générale annuelle de la FCE qui se tient à Saskatoon.

Le sondage - le premier du genre et d’une telle portée au Canada - a permis d’examiner la nature et l’étendue des activités commerciales dans les écoles du Canada et de déterminer dans quelle mesure le financement par l’Etat est en voie d’être remplacé par d’autres sources de financement, comme les campagnes de financement. Il couvre les catégories suivantes : publicité; partenariats et parrainages; matériel éducatif parrainé par des entreprises; campagnes de financement; frais d’utilisation. Le rapport intégral des résultats ventilés selon les régions sera disponible à l’automne.

« Les questions de commercialisation et de privatisation ainsi que la tendance à l’institutionnalisation des campagnes de financement comme sources de recettes pour les écoles et les commissions et conseils scolaires préoccupent de plus en plus les organisations de l’enseignement », déclare la présidente de la FCE, Terry Price. « Les données empiriques abondent, mais ce sondage nous fournit finalement des faits précis qui appuient notre réclamation à l’égard d’écoles accessibles, équitables et pleinement financées pour tous les enfants et les jeunes. »

Les résultats du sondage montrent jusqu’à quel point les écoles comptent de plus en plus sur des sources privées de recettes alors que les deniers publics ne suffisent pas à assurer l’universalité d’accès aux programmes d’études, aux installations et aux activités. Des groupes d’enseignantes et d’enseignants ainsi que de parents ont dit craindre que les activités de financement fassent en sorte qu’il soit plus facile pour les gouvernements provinciaux et territoriaux de se soustraire à leur responsabilité de financer suffisamment les écoles publiques.

« Les milieux plus riches peuvent réunir des milliers de dollars assez rapidement par des appels directs de fonds, mais les écoles situées dans des communautés défavorisées sur le plan socioéconomique n’ont pas autant de chance. Ces activités risquent fort de contribuer à l’établissement d’un système à deux vitesses - communautés riches versus moins riches, régions urbaines versus rurales - où les diversités et les réalités culturelles et linguistiques ne sont pas suffisamment reconnues ni respectées », ajoute Mme Price.

Résultats préliminaires :

· Les écoles partout au pays amassent en moyenne 15 700 $;
· 28 p. 100 des écoles élémentaires et 54 p. 100 des écoles secondaires signalent la présence de publicité dans les locaux ou sur le terrain de l’école - ce sont dans les écoles de langue française du Québec où il y a le moins de publicité;
· Coca-Cola et Pepsi-Cola sont les deux entreprises les plus visibles dans les écoles canadiennes, notamment sur les tableaux indicateurs, les horloges, les distributeurs de boissons, les bannières, les panneaux et le matériel de gymnase. Plus d’écoles secondaires (56 p. 100) que d’écoles élémentaires (19 p. 100) concluent des ententes exclusives de commercialisation avec ces géants de boissons gazeuses;
· 30 p. 100 des écoles affirment disposer de programmes incitatifs pour encourager les élèves, les enseignantes et enseignants, les parents et les autres membres de la communauté scolaire à acheter ou à utiliser les produits ou services d’une compagnie en particulier. La compagnie donne de l’argent ou du matériel aux écoles en proportion de la valeur des reçus de caisse, des étiquettes de produits ou des coupons recueillis;
· 64 p. 100 des écoles élémentaires déclarent faire la promotion de matériel pédagogique Scholastic;
· 67 p. 100 de toutes les écoles demandent des frais d’utilisation pour les excursions scolaires;
· 60 p. 100 des écoles élémentaires et 49 p. 100 de toutes les écoles organisent des activités de financement pour l’achat de livres de bibliothèque;
· 68 p. 100 des écoles secondaires ont également recours aux campagnes de financement pour leurs programmes sportifs.

« Restaurer la santé de nos systèmes d’éducation publique par un financement intégral à même les revenus des contribuables devrait être la priorité nationale et toutes les administrations publiques devraient rendre compte de leurs actions à cet égard. C’est le meilleur placement qu’une société puisse faire », conclut Mme Price.

La FCE est la porte-parole nationale de plus de 213 000 membres de la profession enseignante du Canada.

· 30-

/Renseignements: Francine Filion, directrice des Communications,
(613) 850-5029 les 15 et 16 juillet seulement et (613) 232-1505, poste 130,
après le 16 juillet 2005; Kerri-Anne Finn, agente aux Communications du CCPA,
(613) 563-1341, poste 310; Olivier Dolbec, directeur général, FSE,
(418) 649-8888/

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