- / LBR.ca / - L’exploitation forestière menace l’habitat de plusieurs espèces animales, entre autres, la Paruline à gorge grise. D’après les résultats préliminaires du projet de recherche réalisé par la Forêt modèle du Lac-Saint-Jean, l’aménagement forêt-bleuet, où s’alternent des lisières de 60 m de bleuets et de 42 m de forêt, constituerait un habitat adéquat pour cet oiseau. Déjà, les travaux entrepris cet été ont permis de trouver les trois premiers nids de Paruline à gorge grise au Québec depuis 1976 dans des aménagements forêt-bleuets sur le territoire de la Corporation d’aménagement forêt Normandin.
La Paruline à gorge grise est un des oiseaux les moins bien connus d’Amérique du Nord. En fait, aucune étude portant sur sa biologie de nidification n’avait encore été effectuée en Amérique du Nord. Chaque année, elle visite pourtant les peuplements de pins gris du Lac-Saint-Jean qui sont prisés pour le développement de l’industrie du bleuet. Il n’en suffit pas plus pour que certains prétendent que cette industrie la menace de disparition.
Pour pallier à ce manque d’information, deux projets de maîtrise sont présentement réalisés par deux étudiantes de l’Université du Québec à Chicoutimi sous la supervision du professeur Jacques Ibarzabal et se termineront en 2010. Virginie Blais se penchera sur la biologie de la reproduction en pinèdes grises naturelles et aménagées (forêt/bleuet), alors que Marie-Christine Saulnier étudiera la taille du domaine vital du mâle et de la femelle Paruline en pinèdes grises naturelles et aménagées (forêt/bleuet) et la fidélité au site de reproduction.

« Nous avons trouvé les premiers nids de Parulines à gorge grise dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Au Québec, un seul autre nid avait été découvert en 1976 en Abitibi », constate M. Ibarzabal. Les trois nids découverts ont été filmés sur une période de sept jours permettant de suivre les allées et venues des adultes aux nids. Un des trois nids retrouvés a également permis de documenter une large portion de la période de couvaison et toute la période de croissance des oisillons. Des analyses d’ADN seront performé sur des œufs qui ont été abandonnés afin de savoir si le mâle qui occupe ce territoire est bien le père.
Au total cet été, 14 oiseaux ont été capturés et bagués afin de suivre leurs déplacements. « Au moins cinq mâles bagués en 2007 était de retour en 2008 à quelques dizaines de mètres d’où ils avaient été capturés, ce qui nous a permis de documenter la fidélité au site de nidification pour cette espèce, une autre première en Amérique du Nord », d’ajouter le professeur.
Ces acquisitions de connaissances contribueront à déterminer si l’aménagement forêt-bleuet, déjà pratiqué dans la MRC de Maria-Chapdelaine et que l’on souhaite étendre à d’autres sites, constitue une alternative intéressante pour le maintien de cette espèce déjà considérée vulnérable dans plusieurs provinces et états américains. Au Québec, elle fait actuellement l’objet d’une demande de révision de statut auprès du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) est préoccupé par son statut et par la protection de son habitat.
Le Forêtmodéliste
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