- / LBR.ca / - Le tourisme a permis à Gordon Moar de maintenir son mode de vie tout en lui permettant de faire rayonner la culture ilnu aux quatre coins de la planète. Alors que son entreprise, Aventure Mikuan II, fermera ses portes la semaine prochaine, le développement d’un parc ilnu permettra de célébrer le patrimoine culturel et naturel de toute la région tout en lui permettant de se positionner comme une destination touristique de renommée internationale.
Depuis maintenant près de 20 ans, M. Moar offre des expériences ethnotouristiques afin de pouvoir continuer à trapper et de vivre sur le territoire. Très rapidement, les touristes internationaux, qui constituent 95 % de sa clientèle, avides d’authenticité et d’une expérience d’interprétation du milieu naturel, ont afflué.
M. Moar garde toujours bien en tête l’utilisation de toutes les ressources du milieu forestier, et depuis des années, il gère sa petite « forêt modèle ». Confronté aux différents utilisateurs du territoire, il a choisi le dialogue. Alors qu’Abitibi Consolidated prévoyait des coupes sur son territoire de trappe, « je leur ai proposé de faire moi-même des coupes en mosaïque, et à ma grande surprise ils ont accepté. Quand on prend le temps de ce parler, on réalise qu’on peut partager les ressources et faire en sorte que tout le monde soit gagnant. »
Jadis étouffé par la religion catholique, le tourisme permet également de valoriser la culture ilnu. En faisant découvrir la cérémonie des « premiers pas », M. Moar raconte que « les jeunes redécouvrent notre culture et c’est important que les aînés leur transmettent leurs connaissances. »
La naissance d’un parc ilnu
Depuis le mois de juin, le programme ACCORD a officiellement pris son envol. Ce programme avait la tâche de déterminer les créneaux d’excellence de chacune des régions du Québec qui leur permettrait d’obtenir une reconnaissance internationale.
Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le tourisme d’aventure et l’écotourisme ont été identifiés comme étant un de ces créneaux. Selon le programme, un parc ilnu superposé à la réserve aquatique projetée sur la rivière Ashuapmushuan permettrait de développer l’économie du nord du Lac Saint-Jean et d’obtenir une renommée internationale.
Tout comme dans le cas de M. Moar, un projet touristique à haute valeur ajoutée permet de créer de la richesse localement et de continuer à vivre de la forêt. En mettant en valeur toutes les ressources du milieu forestier, nos collectivités pourront continuer à vivre de la forêt et créer plus de richesse. Entre autres, les ressources patrimoniales naturelles et culturelles de la région sont une petite mine d’or sous-exploitée. Et il est grand temps d’en tirer le maximum en attirant la clientèle internationale.
Par ailleurs, un parc « national » autochtone a un pouvoir d’attraction assuré. Il permet de développer un fort sentiment d’appartenance à la région et incite les jeunes à venir s’installer en région. Bref, on serait fou de s’en passer.
Le Forêtmodéliste
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