- / LBR.ca / - Le Meunier noir, vous connaissez? Communément appelé « téteux » dans notre région, ce poisson non sportif, voire indésirable pourrait rapporter gros! Impossible, croyez-vous? Mais parait-il que sa chair est excellente et les communautés juives d’Amérique du Nord en raffolent! Et d’autres marchés pourraient également s’avérer lucratifs.
La Forêt modèle du Lac-Saint-Jean s’est donné comme objectif de vérifier les différentes pistes de mise en valeur et de commercialisation du Meunier noir, une espèce de poisson non sportif. Le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) a délivré un permis SEG (scientifique, éducationnel et gestion de la faune) pour permettre de vérifier le potentiel d’extraction de cette ressource potentielle. Déjà, des filets ont permis de capturer près d’une centaine de poissons dans le secteur de Saint-Thomas-Didyme.
Ces poissons permettront d’analyser les coûts de préservation et de conservation de la ressource. La chair du Meunier noir devra également être analysée scientifiquement en laboratoire afin de connaître son contenu moléculaire et sa qualité en gras. Après avoir franchi cette étape, l’exploration de nouveaux marchés, tels les suppléments alimentaires en oméga-3, la nourriture pour animaux et la vente des œufs, pourrait aller de l’avant.
Pour le moment, le marché du poisson frais semble le plus prometteur. Les poissons sont donc conservés dans des bassins du centre écologique de Saint-Félicien afin de vérifier sa valeur marchande.
Impacts écologiques
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| Filet de pêche expérimentale au Lac à Jim |
Bien sûr, les impacts écologiques du retrait de ces poissons devront être évalués avant de commercialiser cette ressource. Ces poissons, quoique parfois considérés comme indésirables, sont indigènes dans certains lacs et ont un rôle écologique à jouer dans l’écosystème. En déséquilibrant démesurément le régime, des impacts « imprévisibles sont à prévoir ». Par contre, ils ont été introduits dans d’autres lacs sur le territoire. Une étude sur le contrôle des populations présentes pourrait bien révéler cette pêche comme étant bénéfique.
Cette étude justifiera la faisabilité légale de la commercialisation d’espèces indigènes dulçaquicoles. Elle devra être validée et documentée auprès des différents ministères (MRNF, MAPAQ, Pêches et Océans Canada).
Le Meunier noir, une ressource renouvelable inexploitée à l’heure actuelle, pourrait rapidement présenter un potentiel de développement intéressant. Dans la nature, le concept de déchet n’existe pas. Tout est utilisé, transformé, recyclé et réutilisé. Dans un contexte de développement durable basé sur le cycle de la vie, les déchets se transforment en ressource. Il s’agit en fait d’oser voir des ressources où les autres n’en voient pas, au risque d’avoir l’air fou. Mais comme dit le vieil adage : « qui ne risque rien n’a rien ».
LeForêtmodéliste
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