Montréal, le 5 octobre 2007 – /LBR.ca / - Alors que Mario Dumont et Jean Charest s’accusent mutuellement de manquer de vision, force est de constater que ni l’un ni l’autre de ces chefs n’a une vision à la hauteur des enjeux environnementaux actuels. D’un côté, le chef de l’ADQ priorise l’économie, en dépit de toute considération environnementale et sociale, en prônant le harnachement tout azimut des grandes rivières du Québec. De l’autre côté, le gouvernement de Jean Charest véhicule cette même perspective dans sa stratégie énergétique, qui propose l’investissement de 25 milliards sur 10 ans dans les grands projets hydroélectriques. Après avoir autorisé le projet hautement controversé de dérivation de la rivière Rupert, les prochaines rivières dans la mire du gouvernement sont la Romaine et Petit-Mécatina, sur la Côte-Nord. Aucune rivière n’est d’ailleurs exclue, même celles qui se déversent dans la baie d’Ungava.
Or, si ces deux partis ont dans leur collimateur les dernières grandes rivières vierges du Québec, il n’est pas dit que l’énergie ainsi produite sera la plus avantageuse pour le Québec. Trouvera-telle toujours preneurs sur les marchés du nord-est des États-Unis compte tenu des exigences environnementales grandissantes? De même, dans un contexte de changements climatiques et de variations de pluviosité, dont l’hydroélectricité dépend directement, ne serait-il pas plus conséquent du point de vue de la sécurité des approvisionnements de miser sur une plus grande diversification de la production d’électricité? Le potentiel solaire et géothermique québécois est encore inexploité et le développement de la filière éolienne bradé au privé.
Rappelons que l’électricité qui peut être exportée en rapportant le plus grand profit au Québec est celle qui provient du parc de production existant. Le Québec pourrait générer des revenus importants en finançant un programme national d’efficacité énergétique. L’énergie ainsi économisée pourrait s’élever à 10 TWh / an d’ici 10 ans, ce qui générerait des bénéfices additionnels de 400 M$ / an pour Hydro-Québec tout en soulageant les consommateurs d’une dépense de 600 M$ / an … Il s’agit ici d’une injection annuelle de 1 milliard $ dans l’économie québécoise et de création de milliers d’emplois à long terme pour les entrepreneurs et les jeunes, créant ainsi une activité économique structurante pour toutes les régions du Québec !
Compte tenu de ces faits, les Québécoises et les Québécois ne souhaitent-ils pas que l’État, plutôt que d’investir dans le harnachement des rivières, injecte ces fonds dans l‘économie d’énergie et la diversification de l’offre, ce qui rapporterait davantage économiquement tout en préservant le patrimoine naturel et culturel?
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Informations : Michel Gauthier, directeur général, (514) 272-2666
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