- / LBR.ca / - Actuellement, tous les yeux sont rivés au problème du réchauffement climatique en cours. Sans dire que celui-ci est sans importance, bien au contraire, je crois tout de même que nous faisons fausse route en ne regardant que dans cette direction. Nous manquons de vision. La plupart des gouvernements occidentaux actuels manquent eux aussi d’une vision à long terme, laquelle devrait prendre en compte l’ensemble des problématiques soulevées par de nombreux groupes d’intérêts divers. Il me semble que le Québec dans son ensemble ressemble à une île informationnelle.
Beaucoup d’informations importantes ne passent pas dans les médias. J’en prends pour exemple le rapport du Gouvernemental Accountability Office (GAO) du gouvernement états-unien, le rapport du National Petroleum Council (NPC) états-unien sortit en juillet dernier et le récent rapport sur le pétrole de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Ils en arrivent tous à la même conclusion : les prochaines années seront critiques dans l’approvisionnement énergétique mondial. Il est même probable que l’offre ne suffise plus à la demande dans un délai d’au plus cinq ans. Bonjour l’augmentation des prix à la pompe!
Des rapports semblables ont été rédigés auparavant par le Département de l’énergie états-unien, la US Army Corps of Engineers et bien d’autres institutions reconnues à travers le monde. Ici, au Québec, rien. Pas même un mot dans les médias de masse. Et pourtant les cours du brut ont atteint 78,77$ le baril le 1ier août sans qu’il n’y ait d’événements de grande importance (terrorisme, tempête tropicale…).
Le déclin des sources fossiles d’énergie et le réchauffement climatique
Comme je l’ai déjà mentionné dans des articles précédents, les sources fossiles d’énergie sont peut-être plus rares qu’on l’estimait auparavant. Ce qui aurait probablement pour conséquence que le réchauffement climatique n’atteindrait pas un niveau catastrophe. Ce qui ne veut pas dire de ne rien faire et de laisser tout aller, bien au contraire.
Cela veut tout simplement dire qu’il ne faudrait pas mettre tous nos efforts vers la séquestration carbonique des émissions de CO2 (charbon « propre » par exemple), mais plutôt vers un effort considérable dans les économies d’énergies et les sources renouvelables d’énergie. À ce moment, on s’adresserait en même temps au réchauffement climatique et au déclin des sources d’énergie fossiles.
Malheureusement, c’est plutôt l’inverse qui se traduit dans les politiques de nos gouvernements tout simplement pour nous éviter de modifier en profondeur nos comportements et notre économie basée sur la croissance à tout crin et le gaspillage. Une politique énergétique basée sur l’élimination des sources fossiles d’énergie dans un horizon visible (la Suède s’est donnée d’atteindre cet objectif en 2020 et l’Islande en 2050), par une substitution réelle de ces sources par d’autres renouvelables (bois, hydroélectricité, éolien, solaire…) et surtout par d’importantes économies d’énergie. Voilà pourtant une approche qui pourrait faire du Québec un leader mondial de l’énergie s’il s’engageait dans cette voie.
Qu’en disent les médias québécois?
Les médias québécois ne disent pas grand chose sur la question énergétique ni la crise qui nous menace, sauf quelques entrefilets dans les journaux (dans le bas de la page 50) ou de rares lettres ou commentaires provenant de lecteurs/auditeurs. La population n’est donc pas informée de ce qui se passe ici et ailleurs dans le domaine énergétique et qui est vital à notre économie. Il ne reste plus qu’Internet pour s’informer correctement et encore en faisant le travail des journalistes (recoupage d’informations, vérification des sources…) Espérons que la question énergétique viendra sur la sellette plus tôt que trop tard!
Patrick Déry, B.Sc., M.Sc, (physique)
Analyste/consultant, spécialiste en énergétique, agriculture et environnement
La Baie, Qc
patrickdery@greb.ca
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