Il nous faut un ministère des générations futures.
Un commentaire philosophique de François Privé
2006-11-20 08:18 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - Il nous faut un ministère des générations futures. Ce serait un ministère qui n’aurait pour seule préoccupation que de réfléchir aux impacts de nos gestes sur les gens qui naîtront dans chacune des décennies futures. Et pour chacune de ces décennies, un outil de réflexion collaboratif serait mis à la disposition de tous les citoyens désirant participer à la recherche publique. Tous pourraient donner leur avis sur le sort de nos descendants.
Que diraient nos descendants de notre paresse face à l’effet de serre?
Que diraient nos descendants de toutes ces guerres que nous laissons se perpétuer?
Que diraient nos descendants de cette liste infinie de souillures dont nous imbibons leur planète?
Que diraient nos descendants de toutes ces espèces que nous aurons fait disparaître à force de surexploitation et de destruction des habitats?
Que diraient nos descendants, et toutes les autres formes d’intelligence qui nous analyseront un jour, à propos de nos divisions spirituelles risibles et de notre stupidité collective pathétique ?
Que diraient nos descendants du peu de temps que nous passons à penser à eux et au monde que nous leur laisserons?
Et que dire de la dette financière et des défis démographiques que nous leur laisserons?
Que dire de tous ces humains qu’il faudra déplacer en raison de la montée des océans et de l’avancée des déserts?
Voilà à quoi devrait réfléchir le ministère des générations futures. Faisons comme si elles avaient des chances d’exister, et faisons comme si nous ne voulions pas les voir souffrir en raison de nos gestes. Donnons une voix à toutes les générations de nos enfants et de nos petits enfants.
Ne serait-ce pas intéressant de voir quelqu’un se lever à l’assemblée nationale ou à la chambre des communes pour prendre la parole au nom des générations futures? Ça forcerait les politiciens, mais surtout les électeurs, à penser sur une échelle de temps plus longue que quatre ans. Et au lieu de baisses d’impôts, peut-être réclamerions-nous des baisses d’indifférence collective, ou des baisses de témérité climatique, ou des baisses d’égoïsme et de rapacité planétaire pour nos compagnies et pour leurs actionnaires…