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Création d’une Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois

De grands espoirs et un grand défi à l’horizon, selon Équiterre
2006-06-29 15:57 - Communiqué de presse

Montréal, le 29 juin 2006 - / LBR.ca / - Équiterre se réjouit de l’annonce faite hier par le premier ministre du Québec, Jean Charest, et le ministre de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation, Yvon Vallières, de créer une Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois. Cette commission aura le mandat d’établir un diagnostique complet de l’avenir du secteur.

« Cette annonce est pour nous porteuse d’espoirs et nous lance aussi un grand défi », a déclaré Frédéric Paré, coordonnateur du programme d’Agriculture écologique chez Équiterre. « Nous nous réjouissons de la possibilité qui s’offre aux citoyens de se faire entendre, tout comme de nombreux groupes de la société civile qui s’intéressent aux questions de l’alimentation, de l’agriculture et du territoire ».

Équiterre souhaite que cette grande réflexion soit l’occasion de repenser les rapports que nous entretenons comme citoyens avec l’alimentation, l’agriculture et les agriculteurs. « C’est l’occasion de réévaluer nos façons de faire, nos objectifs et nos priorités. Mais cette réflexion ne se fera pas si la question de l’agriculture est posée de la même façon qu’elle se pose depuis 50 ans au Québec, c’est-à-dire essentiellement pour sa contribution économique », a poursuivi monsieur Paré.

L’annonce faite hier est en quelque sorte une réponse au message que plusieurs organisations de la société civile ont porté au cours des derniers mois en revendiquant un exercice large, ouvert et public sur cette question. Pour elles, il s’agit ainsi de poser la question de l’agriculture sous l’angle de l’alimentation et du territoire, plutôt que sous l’angle du développement d’un secteur économique qui fait face à de nouvelles réalités commerciales. Équiterre voit donc dans l’exercice le grand défi d’interpeller le rôle fondamental de l’État en agriculture et de nous amener collectivement vers une vision « alimentaire » de l’agriculture. « Il sera très difficile d’élaborer et de réaliser une sorte de nouveau contrat social autour de l’alimentation, de l’agriculture et du territoire, si la question est à priori limitée à celle du développement économique en tant que “secteur” d’activité », explique Frédéric Paré.

Équiterre s’inquiète toutefois des enlignements préliminaires donnés à la Commission. Ainsi, « en l’espace de quelques mots contenus dans le nom de la commission et dans le mandat qui lui sera confié, on semble à priori avoir perpétué la vision fondamentale de l’intervention du MAPAQ en agriculture, à savoir, assurer son développement », soutient Frédéric Paré. Équiterre relève tout de même la vision plus inclusive dont a fait preuve hier le ministre Vallières, qui indiquait qu’il avait « compris que le temps était venu de tenir une grande réflexion afin de convenir de qui nous sommes, d’où nous voulons aller et de comment y arriver ».

Équiterre se réjouit finalement de l’intention du gouvernement d’exercer le leadership dont les citoyens ont tellement besoin en matière d’alimentation et souhaite exprimer publiquement le sentiment que le défi du changement du rapport de l’État à l’agriculture sera de taille. « Nous invitons donc, par la présente, tous les citoyens “mangeurs” à exercer leur “citoyenneté alimentaire” en n’hésitant pas à témoigner de leurs espoirs et de leurs craintes à l’égard de leur alimentation, mais aussi du lien qu’ils entretiennent avec nos agriculteurs, soit directement auprès de la commission ou par le biais d’organisations de la société civile qui participeront à l’exercice », a-t-il conclu.

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Sources : Amélie Ferland
514-973-2000

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