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Une voiture? Non merci!

Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé
2006-04-28 11:37 - Chronique


Cet article fait partie du dossier spécial .

- / LBR.ca / - Toutes les fois que je manifeste mon désir de ne pas avoir de voiture, lors de discussions entre amis et connaissances, on se regroupe pour me faire l’éloge de la liberté à quatre roues. Parallèlement, lorsque j’exhibe ma volonté de ne pas prendre mon permis de conduire, on me lapide sur la scène publique en me traitant d’irresponsable. Je propose donc, à tous ceux qui m’ont lancé la première pierre, de même qu’à ceux qui s’arment des suivantes, de lire les questions et réponses suivantes :

Q : Tu n’es pas tanné de dépenser ton argent en billets d’autobus et en taxis ?
R : La plupart du temps, pour les distances courtes et moyennes, je marche. Ça me permet d’économiser tout en faisant de l’exercice que je ne ferais pas autrement. Pour ce qui est de l’argent que je dois investir en locomotion, je n’ai certainement rien à envier aux automobilistes qui roulent à près de 1.20$ le litre (et vous pouvez augmenter ce chiffre dans votre tête au fil des semaines).

Q : Mais Pierre-Luc, n’as-tu pas envie de goûter à la liberté qu’offre la voiture ?
R : Changer, balancer et aligner les pneus, passer au garage pour les réparations et les vérifications, faire le plein, renouveler le permis et l’immatriculation, être lié à un contrat d’assurance coûteux, faire le nettoyage, subir le stress de l’heure de pointe, rager contre l’indisponibilité des stationnements, retrouver une contravention bien agrippée à l’essuie-glace… Si c’est ça la liberté, non je n’ai pas envie d’y goûter!

Q : Cest toi le pire, tu perds un temps fou dans le transport en commun!
R : Le déplacement proprement dit est plus long, je l’admets. Mais la réponse précédente démontre que les automobilistes perdent énormément de temps eux aussi. De mon côté, je peux me caler dans mon siège pour lire un livre, compléter un travail, écrire quelques notes… choses que je ne pourrais pas faire avec un volant entre les mains. Le temps que je perds, je m’organise pour le gagner ailleurs.

Q : Mais que vas-tu faire en cas d’urgence ? Tu vas être mal pris!
R : En cas d’urgence ? Quelle urgence ? C’est quoi cette espèce de mentalité à l’américaine? On traite George W. Bush de malade parce qu’il fait la guerre préventive, et d’un autre côté, on m’incite à me payer une voiture préventive ? Si je fais une crise de cœur, je ne pourrai pas conduire de toute façon. Si ma blonde accouche, je me ferai un plaisir d’appeler le taxi et/ou l’ambulance. Si j’ai une envie pressante et incontrôlable, j’ai une salle de bain chez moi! C’est quoi cette psychose du «au cas où» ?

Q : Tu ne sais jamais quand tu pourras en avoir besoin!
R : Mais je sais que présentement j’en ai pas besoin, et ça me suffit amplement!

La décision que j’ai prise est un choix de vie que la plupart des gens ne prennent même pas la peine de considérer. L’éducation nord-américaine va dans le sens des pétrolières et de la surconsommation. Je vous invite à réfléchir à tout ça au prochain feu rouge…

Par Pierre-Luc Gagnon de Saguenay
pl.gagnon@lbr.ca

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