À la source des problèmes de source, il est de retour!
2006-04-25 09:37 - Chronique
Cet article fait partie du dossier spécial .
- / LBR.ca / - Ça ne faisait pas trois jours consécutifs que le soleil printanier perçait le ciel que les arroseurs d’asphalte «sablophobiques» se ruaient déjà en bordure des routes pour nettoyer leur divine entrée. Que la pluie soit annoncée ou non, ils osent la hose. Leur cour étant leur plus beau joyau, ils abusent du boyau.
Vous ne savez pas reconnaître l’arroseur chronique ? Pourtant, il possède plusieurs traits caractéristiques. Généralement inerte, comme l’écureuil paralysé de peur, l’arroseur laisse nonchalamment pendre un tuyau d’arrosage dans sa main la plus molle. Et l’eau coule, le sable découle, le temps s’écoule… la tourterelle roucoule. Même la poésie ne saurait justifier le geste de notre chasseur de grains de sable. L’arroseur sue à petites gouttes, hypnotisé par le soleil qu’il a déjà oublié. Il se secoue le bassin en sifflant, sans se soucier du bassin qu’il est en train de vider.
Toc! Toc! C’est quoi le problème ? Ne saviez-vous pas qu’il existe une invention miracle qui pourrait économiser et le temps et l’eau ? Ça s’appelle un balai, c’est nouveau je crois! Ça fait un peu de poussière, certes, mais il faut savoir faire des compromis pour avoir une conscience sociale.
Et l’arroseur chronique, fatigué, retourne dans sa chaumière avec le sentiment du devoir accompli. Il se gratouille la tête, regarde son œuvre par la fenêtre et s’écrie : «t’as vu chérie, le con de voisin a laissé les phares de sa voiture allumés… quelle gaspille!»
Serait-ce un imbécile heureux ? Je n’en sais rien, il faudrait lui demander s’il est heureux!