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Le gouvernement Harper se retire-t-il en douce du Protocole de Kyoto ?

Greenpeace et Equiterre demandent au gouvernement Harper de clarifier ses intentions
2006-04-07 07:21 - Communiqué de presse

MONTREAL, le 7 avril 2006 - / LBR.ca / - Alors que semble se confirmer les coupures sombres dans les budgets consacrés à la lutte aux changements climatiques et à la mise en oeuvre du Protocole de Kyoto, Greenpeace et Equiterre demandent au gouvernement Harper de clarifier ses intentions à l’égard du respect des obligations internationales du Canada dans le cadre du Protocole de Kyoto. De plus, ils demandent au gouvernement fédéral de faire connaître d’ici au budget son propre plan de lutte aux changements climatiques.

Des informations persistantes font état de coupures de l’ordre de plusieurs centaines de millions de dollars au sein d’Environnement Canada, du ministère des Ressources naturelles, et des autres ministères fédéraux au seul chapitre de la lutte aux changements climatiques. En fait, quelque 40% des ressources consacrées par le gouvernement fédéral à ce chapitre seraient coupées, dont 80% au sein même d’Environnement Canada.

« Le flou artistique du gouvernement Harper sur Kyoto a assez duré », a déclaré Hugo Séguin, coordonnateur du dossier des changements climatiques chez Equiterre. « On ne peut pas continuer de faire semblant de respecter le Protocole de Kyoto tout en se privant des moyens d’obtenir le moindre résultat », affirme-t-il. La ministre de l’Environnement, Rona Ambrose, a en effet affirmé à plusieurs reprises que le Canada « respectera le Protocole de Kyoto » et que son gouvernement « passera de la parole aux actes » en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Le Premier ministre Harper a promis en campagne électorale un plan « Made in Canada » pour lutter contre les changements climatiques, en remplacement de celui proposé par l’ancien gouvernement libéral. Où est-il, le plan conservateur ? », s’interroge Steven Guilbeault, directeur de Greenpeace-Québec. « Comment ce gouvernement va-t-il réduire les gaz à effet de serre comme il l’a promis ? Comment va-t-il réduire les émissions nocives des voitures ? Comment traitera-t-il les plus grands pollueurs que sont les producteurs de charbon et les entreprises du secteur des sables bitumineux ? Peut-être la réponse se trouve-t-elle en fait dans les coupures que ce gouvernement s’apprête à faire. »

Le Canada embarrassé sur la scène internationale

Le Canada, par l’entremise de la ministre de l’Environnement, préside actuellement une série de négociations internationales cruciales à la survie même du Protocole de Kyoto. « L’abandon par le Canada de ses efforts dans le cadre du Protocole de Kyoto aurait de graves conséquences pour la réputation du Canada sur la scène internationale », ajoute Hugo Séguin. « Veut-on vraiment être associé à la position de Bush sur Kyoto? ».

« Le Canada ne peut pas se soustraire à ses obligations internationales contractées dans le cadre du Protocole de Kyoto sous peine de sanctions importantes », affirme pour sa part Steven Guilbeault. « Les partenaires du Canada commencent à s’inquiéter, d’autant plus que des négociations déterminantes commenceront à Bonn dans quelques semaines sous la présidence du Canada », a-t-il poursuivi.

Des mesures urgentes nécessaires

Equiterre et Greenpeace souhaitent que le gouvernement Harper fasse urgemment connaître sa stratégie de lutte aux changements climatiques de même que les moyens qu’il mettra en oeuvre pour respecter le Protocole de Kyoto. A cet égard, ils souhaitent voir un plan d’action crédible qui visera un certain nombre de gains environnementaux tels :

· La réduction de la pollution et des gaz à effet de serre engendrés par les grandes installations industrielles canadiennes, notamment à travers un système de crédits d’émissions;
· La diminution des émanations nocives et des GES du parc automobile canadien, notamment à travers une réglementation plus contraignante ;
· L’accentuation des efforts de sensibilisation de la population en matière de changements climatiques et de réductions des émissions de GES;
· La poursuite de l’appui au développement des énergies renouvelables, en remplacement des sources d’énergie thermiques et nucléaires;
· Un rôle positif et dynamique sur la scène internationale dans la poursuite des négociations sur la lutte aux changements climatiques.

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/Renseignements: Marie-Eve Roy, Equiterre, (514) 378-0232; Steven
Guilbeault, Greenpeace, (514) 231-2650/

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