Montréal, le 1er mars 2006. – / LBR.ca / - Fondation Rivières dénonce les tergiversations politiques du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) dans son rapport sur le projet de réserve aquatique de la rivière Ashuapmushuan rendu public le 23 février dernier. Ce dernier, après avoir entendu tous les acteurs nationaux et régionaux, remet la responsabilité de la protection de la rivière entre les mains d’une concertation régionale, affirmant qu’il est nécessaire qu’un consensus régional soit établi pour que le statut de protection permanent soit attribué. Pourtant, le BAPE a déjà entre les mains toutes les informations permettant d’attribuer immédiatement un statut de protection à cette rivière exceptionnelle.
« Que la mise en œuvre de la protection de la rivière soit confiée à un comité régional, en cogestion avec les Innus est souhaitable, mais ce comité régional ne doit pas être en mesure de remettre en question le statut de protection favorisé par le BAPE » indique Alain Saladzius, coprésident de la Fondation. Selon celle-ci, les rivières de cette envergure sont de la responsabilité de l’ensemble de la collectivité québécoise, et non pas des acteurs locaux les plus puissants. La protection tout comme l’exploitation d’une rivière doit se déterminer de concert avec les acteurs régionaux, mais doit aussi s’ancrer dans une vision nationale. Dans le cas de la protection de la rivière Ashuapmushuan, Alain Saladzius affirme qu’une perspective nationale « implique que la collectivité québécoise supporte économiquement la préservation et la mise en valeur de la rivière Ashuapmushuan, que l’État y investisse et que soit instaurée une cogestion de la réserve entre les régionaux et les Innus ».
Faut-il rappeler que la rivière Ashuapmushuan est la première rivière du Québec en candidature pour un statut de réserve aquatique? «Quelle est maintenant l’utilité du BAPE ? Est-ce que le gouvernement Charest va réussir à protéger une première rivière au Québec?» questionne Michel Gauthier, directeur général de la Fondation, constatant les nouvelles tergiversations qui s’annoncent. Déjà, le rapport du BAPE a dormi un an et demi sur les tablettes du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. La nécessité du consensus régional annoncée par le BAPE représente un obstacle de plus à la création de la réserve aquatique de la rivière Ashuapmushuan.
Celui-ci souligne enfin que l’État ne peut pas dédommager tous les intervenants régionaux à chaque fois qu’un barrage n’est pas construit ou qu’une réserve aquatique est créée. Une réserve aquatique génère des emplois durables par le développement de l’industrie écotouristique et des bienfaits sur la santé physique et psychologique de ses utilisateurs. Pour réussir ce projet, il faudra que le gouvernement prenne une décision claire et sans équivoque en faveur de la création de la réserve aquatique de la rivière Ashuapmushuan.
Informations : Michel Gauthier, directeur général, (514) 272-2666
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