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Bilan et perspectives de la CSN 2005-2006

L'année qui se termine aura été fertile en rebondissements de toutes sortes.
2006-01-04 10:12 - Communiqué de presse

MONTREAL, le 28 décembre 2006. - / LBR.ca / - Sur la scène fédérale, le scandale des commandites aura finalement eu raison du gouvernement minoritaire de Paul Martin et provoqué une élection en pleine période des Fêtes. « Fidèle à lui-même, le gouvernement Charest aura, encore une fois, semé la zizanie et le chaos de tous bords, tous côtés : coup de force contre les employé-es de l’Etat, loi sur les CPE, privatisation des hippodromes du Québec et de la gestion de l’eau, prolongement de l’autoroute 25, en mode PPP; tout y est passé, s’est insurgée la présidente de la CSN. Il n’y a pas de mot pour qualifier le mépris d’un premier ministre autoritaire qui écrase tout sur son passage. Pourtant, Jean Charest reste de glace et demeure totalement indifférent, même si après deux années et demie de règne, plus de 70 pour cent de la population se rangent toujours dans le camp des insatisfaits ! Lorsqu’on est indifférent aux citoyennes et aux citoyens qu’on représente, on ne mérite pas d’être premier ministre. »

Un coup de force injustifié et injustifiable

Faisant le bilan de l’année 2005, la présidente de la CSN, a rappelé que le coup de force du gouvernement du Québec contre les employé-es des secteurs public et parapublic est injustifié et injustifiable, tant dans sa forme que sur le fond. « Le premier ministre, au premier chef, n’a jamais eu l’intention de négocier de bonne foi. Pire encore, c’est au droit même de négocier les salaires qu’il s’en prend maintenant en invoquant l’intérêt public et la capacité de payer, dont il se pose comme seul juge. Quand un gouvernement jette par-dessus bord la nécessité de plaider l’urgence, l’atteinte à la sécurité publique ou à la santé pour limiter le droit à la libre négociation, on est dans l’antichambre des pratiques totalitaires », a estimé Claudette Carbonneau.

« Sur le fond des choses, c’est tout aussi injustifiable. Les salarié-es de l’Etat sont loin d’être des « gras durs », a réitéré la présidente de la CSN. Leur rémunération globale est de 20,5 % inférieure à celle des emplois comparables dans le secteur privé syndiqué », selon l’Institut de la statistique du Québec. Les condamner, jusqu’en 2010, à s’appauvrir et à encaisser deux ans de gel est inacceptable ! »

« Le premier ministre s’est rendu indigne de gouverner quand il a menti à la population en soutenant que payer convenablement ses salarié-es entraînerait un déficit, des coupes dans les services ou des augmentations d’impôt. Les marges de manoeuvre que Jean Charest cherche à dégager sur le dos des salarié-es du secteur public servent non pas le bien commun mais à ouvrir la voie à la réélection d’un gouvernement en mal de popularité. »

« De surcroît, ce coup de force vise à isoler la CSN. La loi spéciale prévoit des conditions moins avantageuses pour les salarié-es qui n’ont pas conclu d’entente sur les clauses pécuniaires. C’est le cas de 105 000 membres de la Fédération de la santé et des services sociaux, le groupe de syndiqué-es le plus important du réseau de la santé. C’est revanchard et inadmissible », a dénoncé Madame Carbonneau.

La Fédération de la santé et des services sociaux et les trois autres fédérations du secteur public CSN s’inscrivent d’ores et déjà dans l’action pour reconquérir le droit à la libre négociation.
Les CPE dans le tordeur

La CSN dresse un bilan très sombre des gestes de l’actuel gouvernement. « Au coup de force contre les employé-es du secteur public, s’est ajouté le bâillon pour faire adopter à toute vapeur la réforme des CPE, alors qu’une réforme concertée était à portée de main à la suite de l’entente intervenue entre la ministre Carole Théberge et l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE). C’était la veille. « Le lendemain, appuyé par les garderies commerciales et les organisations les moins représentatives du milieu, le gouvernement est allé de l’avant. Bref, un autre coup de force d’un gouvernement autoritaire », a rappelé la présidente de la CSN.

Plus de gaz à effet de serre et l’eau au privé

A la grogne dans les CPE, s’est ajoutée celle des environnementalistes qui n’ont plus confiance dans un gouvernement et un ministre de l’Environnement dont le seul engagement pour lutter contre les gaz à effet de serre a été le développement de nouveaux projets autoroutiers, dont la construction d’un nouveau pont sur l’autoroute 25.

Dans le brouhaha de la fin de session mouvementée à Québec, dans une très grande discrétion, le gouvernement Charest a pris deux décisions qui auront des impacts majeurs sur la gestion de l’eau. Dans un premier décret, le gouvernement a confirmé sur l’île de Montréal, le principe de la tarification de l’eau selon la consommation. Toutes les études montrent pourtant que les compteurs d’eau ont peu d’impact sur la consommation d’eau potable dans les immeubles résidentiels.

En adoptant le projet de loi 134, le gouvernement a ouvert la voie au secteur privé dans la gestion de l’eau. « Dans un processus antidémocratique, à la va-vite, sans débat public, le gouvernement Charest va à l’encontre de la volonté populaire. Lors des audiences du BAPE, il y a à peine cinq ans, la population montréalaise et québécoise rejetait la présence du privé dans ce secteur névralgique et des compteurs d’eau dans les résidences », de dénoncer la présidente de la CSN.

NON au privé dans la santé !

La « cerise sur le sundae » risque de nous venir du ministre de la Santé et des Services sociaux qui, à la suite du jugement de la Cour suprême dans l’affaire Chaoulli, ouvrira un grand débat sur la place du privé dans notre système de santé.

Les informations qui filtrent à ce sujet sont inquiétantes. Le gouvernement semble vouloir ouvrir la porte au privé. « Ce débat sur la santé sera le grand débat de 2006. Nous verrons enfin comment le gouvernement compte se conformer au jugement de la Cour suprême. Espérons qu’il n’ajoute pas une autre pièce au gâchis monumental mis en place depuis son accession au pouvoir ! La CSN sera de ce débat, comme elle a été aux premières loges de la mise en place du réseau public de santé et de services sociaux. »

Deux autres questions importantes soulèveront débats et mobilisation en 2006. La CSN compte prendre faits et actes pour les travailleuses et les travailleurs devant les attaques subies par les secteurs manufacturiers et du papier et de la forêt. Elle compte aussi mener la bataille pour la récupération des droits syndicaux, particulièrement le droit à la libre négociation. La CSN sera autant en mode défensif, qu’offensif. Elle entend faire des propositions constructives, mais continuera dans un univers politique hostile, néolibéral et peu sensible à l’opinion de la population, à dénoncer les méfaits du gouvernement Charest, et ce, sans relâche, d’ici la prochaine élection provinciale. « Notre meilleure alliée, demeure la complicité avec la population », de constater la présidente de la CSN.

Pas d’avenir à gouverner contre le Québec

« La campagne électorale fédérale, montre que les candidats rivalisent d’imagination pour faire des promesses dans les champs de compétence provinciale. Avec les milliards de dollars de surplus, les intrusions atteignent des sommets », s’est insurgée Claudette Carbonneau. Dans les jours qui ont précédé le déclenchement des élections, les libéraux ont en effet multiplié les annonces, et les promesses ont dépassé les 42 milliards de dollars, soit près de 2 milliards par jour !

« Cette campagne électorale sera l’occasion de sanctionner le gouvernement libéral pour son arrogance et pour son obsession à tuer la cause souverainiste, qui l’a conduit jusqu’au scandale des commandites. Aujourd’hui, Paul Martin cherche à montrer patte blanche en se déchargeant sur son prédécesseur, Jean Chrétien. »

« C’est pourtant la même obsession qui anime Paul Martin et l’amène à présenter l’élection fédérale comme une élection référendaire, à nier l’existence du déséquilibre fiscal jusqu’à étrangler le Québec, à multiplier les promesses et les programmes pour envahir les pouvoirs du Québec. Pour briser cette spirale infernale, il faut voter massivement en indiquant qu’il n’y a pas d’avenir à gouverner contre le Québec, pas d’avenir à droite non plus ! », a renchéri la présidente de la CSN.

La lutte pour la correction du déséquilibre fiscal demeurera une priorité pour la CSN qui continuera de réclamer des transferts de points d’impôt ou des transferts financiers pour assurer un financement adéquat des programmes d’éducation, de santé et de services sociaux. La centrale syndicale tiendra d’ailleurs une réunion de son conseil confédéral, dès le début de l’année, les 11 et 12 janvier prochain, réunion au cours de laquelle elle fera le point sur les programmes de chacun des partis en lice pour faire une recommandation à ses membres concernant les élections du 23 janvier prochain.

Notes positives

La présidente de la CSN a tenu à souligner l’entrée en vigueur, le 1er janvier prochain, du Régime québécois d’assurance parentale. « Il s’agit d’un gain social majeur qui est le fruit l’une longue mobilisation entreprise, il y a plus de 15 ans. » Le nouveau régime sera accessible à un nombre plus élevé de mères, mais également de pères - travailleuses et travailleurs autonomes compris. Il sera aussi plus généreux. Les deux semaines de carence sont abolies et la durée et le niveau des prestations versées sont plus avantageux que sous l’ancien régime fédéral.

Madame Carbonneau a également donné une bonne note en ce qui concerne l’adoption de la loi 135 qui interdit les pratiques d’intimidation et de discrimination sur les chantiers de construction du Québec. La présidente de la CSN s’est réjouie du fait que le ministre du Travail, ait demandé à la CCQ de revoir la question du placement syndical.

Le cap historique des 300 000 membres franchi en 2005

Au cours de son 61e Congrès, la CSN a annoncé avoir franchi le cap historique des 300 000 membres parmi ses syndicats affiliés. La CSN a entre autres fait des gains dans la santé et les services sociaux et la construction, en accueillant près de 8000 nouveaux membres uniquement dans ces deux secteurs. Ce 61e Congrès a d’ailleurs été un des temps forts de démocratie pour la CSN, en 2005. Des débats de qualité et plus de 200 amendements ont permis de dégager des mandats autant dans les domaines sociaux, économiques et syndicaux qu’en matière de conciliation famille-travail. A l’ordre du jour syndical, en 2006, notons les congrès des fédérations de la CSN qui se tiendront ce printemps. Au niveau international, soulignons également, le congrès qui consacrera l’automne prochain la création d’une nouvelle centrale à la suite de l’union de la Confédération mondiale du travail (CMT) et de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL).

Au chapitre des grandes batailles syndicales, notons le règlement à la Société des alcools du Québec et les gains majeurs fait dans le secteur de l’hôtellerie, où près d’une trentaine d’ententes sont survenues à l’occasion de ces négociations coordonnées. Trois conflits persistent à la station de ski Mont-Tremblant, au Manoir Richelieu et à l’hôtel Vallée des forts en Montérégie. La campagne en appui aux travailleurs d’Olymel de Saint-Simon et de Vallée-Jonction se poursuivra en 2006. La CSN dénonce, par ailleurs, les 33 licenciements à l’Hippodrome de Montréal et entend exiger des garanties pour toutes les travailleuses et tous les travailleurs qui seront touchés par la réorganisation à la suite de la vente des installations.

Pour ce qui est des grandes négociations à venir, notons celles des Centres de la petite enfance où l’équité salariale demeure l’enjeu principal, de même que les négociations dans le secteur préhospitalier et celui des communications à Radio-Canada. Les agents correctionnels fédéraux, affiliés au syndicat pancanadien UCCO-SACC, qui sont sans convention collective depuis 45 mois, tentent toujours d’obtenir un contrat de travail satisfaisant.

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/Renseignements: Michelle Filteau, directrice du Service des
communications de la CSN, (514) 894-1326/

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