MONTREAL, le 22 novembre 2005 - / LBR.ca / - Plusieurs groupes écologistes - dont Environnement Jeunesse, Equiterre, Greenpeace et Nature Québec - ne croient plus au discours environnemental du gouvernement du Québec. Selon eux, l’inertie et le manque de volonté du ministre Mulcair face à plusieurs projets environnementaux, de même qu’une série de décisions incohérentes récentes, minent la crédibilité du gouvernement face au défi du développement durable.
Exaspérés, les groupes dénoncent en particulier l’absence de plan d’action québécois de mise en oeuvre du protocole de Kyoto, la promotion d’une série de nouveaux projets autoroutiers - dont l’autoroute 25 - et le retard dans le dépôt d’un nouveau cadre financier pour le développement des transports en commun. De plus, les groupes s’insurgent de la façon cavalière avec laquelle le gouvernement entend consulter la population au sujet de deux enjeux fondamentaux, soit le projet de Loi 118 sur le développement durable et la Stratégie énergétique du Québec.
Kyoto : aucune vision, aucun objectif, aucun plan d’action
« A moins d’une semaine du début de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques - qui se tiendra à Montréal la semaine prochaine - Québec n’a aucun plan quant à l’atteinte des objectifs du Protocole de Kyoto. Ce que l’on nous annonce depuis deux ans, ce sont des ponts et des autoroutes qui augmenteront nos émissions de gaz à effet de serre » a déclaré Steven Guilbeault, directeur de Greenpeace.
Le gouvernement du Québec vit encore à l’âge du béton
« Le gouvernement du Québec était très fier l’an dernier d’annoncer la reprise des grands travaux autoroutiers, avec des investissements supplémentaires de plus de 100 millions de dollars par année. Aujourd’hui, le ministre Mulcair s’entête à aller de l’avant avec le projet de pont sur la 25 alors que la Ville de Montréal s’y oppose et que le BAPE affirme que la priorité doit être le transport en commun » poursuit, Sidney Ribaux coordonnateur-général d’Equiterre. « Dans ce contexte, j’ai de plus en plus de difficulté à croire à la sincérité de ce gouvernement quand il dit se réclamer du développement durable, dans un contexte où des investissements massifs en matière de transports collectifs sont nécessaires. »
Un émincé de stratégie énergétique
Commentant la Stratégie énergétique déposée en catimini sur le site Internet du ministère des Ressources naturelles et de la Faune la semaine dernière, Harvey Mead, de Nature Québec / UQCN, déclare : « L’énoncé de stratégie rendu public la semaine dernière ne parle même pas des transports, principale source des émissions de gaz à effet de serre au Québec, ne parle même pas de Kyoto comme un enjeu. On assiste à une répétition de l’exercice mené par le MRNF l’an dernier. Il n’est pas évident de savoir comment l’incontournable plan d’action sur les changements climatiques pourra s’arrimer avec cette stratégie à venir. Et dire que le projet de loi sur le développement durable vise à améliorer la participation du public aux débats... », a-t-il deploré.
Des consultations publiques improvisées
Le gouvernement tente également de faire approuver à toute vapeur une Stratégie énergétique québécoise, ne donnant aux intervenants qu’un délai ridiculement court pour faire valoir leurs points de vue. Par ailleurs, le gouvernement convoque à la dernière minute les groupes environnementaux à des consultations publiques sur le projet de Loi 118 sur le Développement durable, au moment même où se déroulera à Montréal la plus importante conférence des Nations Unies sur le thème des changements climatiques. Plusieurs groupes se verront ainsi dans l’impossibilité d’y participer.
Pour ces raisons, les groupes estiment qu’ils ne sauraient adhérer à ces démarches improvisées de la part du gouvernement. De même, ils considèrent qu’ils ne peuvent plus cautionner, par leur participation à ces consultations, les décisions incohérentes du gouvernement qui vont à l’encontre même du développement durable.
« A quoi bon une loi sur le développement durable, si les gestes posés par ce gouvernement vont dans le sens opposé? Exploitation pétrolière dans le Golfe du Saint-Laurent - inclut dans la nouvelle stratégie énergétique du ministre Corbeil - et développement durable, cela sonne terriblement faux » a renchéri Eloi Lepage, directeur général d’Environnement Jeunesse.
Les groupes ont souligné les critères qu’ils jugent indispensables pour permettre leur adhésion à la politique de développement durable du gouvernement :
· Le dépôt d’un plan de mise en oeuvre du Protocole de Kyoto au Québec crédible en vue de l’atteinte d’objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de -6% sous les niveaux de 1990 d’ici 2012;
· Le dépôt d’un nouveau cadre financier satisfaisant pour le transport en commun;
· Le dépôt d’une politique énergétique cohérente avec les objectifs de Kyoto;
· L’abandon du projet de l’autoroute 25;
· Des délais raisonnables de consultations publiques sur le projet de Loi 118 sur le Développement durable et la stratégie énergétique Politique énergétique québécoise.
· 30-
/Renseignements: Sidney Ribaux, Equiterre, (514) 910-2024; Steven
Guilbeault, Greenpeace, (514) 231-2650; Eloi Lepage, Environnement Jeunesse,
(514) 252-3016 p. 223, Harvey Mead, Nature Québec/UQCN, (418) 652-7572/
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