Eh bien… moi l'cave Hubert Desbiens, "chu ben tanné…ben tanné…"
2005-02-02 07:10 - Commentaire d'opinion
- / LBR / - Chu ben tanné de voir ma région, le Saguenay-Lac-St-Jean, s'enliser chaque jour de plus en plus dans sa désintégration. De constater que les difficultés qui s'amoncellent ne nous aient pas encore appris qu'il n'y a pas d'autre solution que celle de se donner un "pouvoir", le pouvoir de la solidarité. Le malheur qui s'abat aujourd'hui sur les travailleurs et la population de La Baie va-t-elle enfin nous rendre conscients de la nécessité urgente de regrouper nos forces, toutes nos forces régionales, vers cet objectif commun ? La tragédie baieriveraine , la dernière en lice , ne sera-t-elle qu'une autre étape de cette désintégration ou, comme en l838, le début d'un temps nouveau ? Se peut-il que ce qui se passe avec la fermeture de la Consol fasse en sorte que La Baie devienne une fois de plus le point de départ d'une Re-naissance de la région ? J'y crois. J'y crois fermement car je garde une foi indéfectible en mes concitoyens et concitoyennes.
Mais il faut cesser de tergiverser , d'attendre un messie qui nous vienne de Québec, encore moins d'Ottawa. Il ne faut compter que sur nos propres forces. Et elles seront suffisantes si nous savons les utiliser, si nous avons la volonté d 'agir.
Certaines gens ont pu croire, de bonne foi, que les fusions municipales nous donneraient le pouvoir de nous faire entendre face à une entité comme Montréal. Avant les fusions, les populations de Chicoutimi ou de Jonquière se débattaient à un contre quinze (1-15) face à Montréal. Mais il y a également eu fusion à Montréal et Ville de Saguenay se retrouve aujourd'hui à un contre vingt (1-20). Le Maire de Saguenay l'a d'ailleurs reconnu officiellement la semaine dernière: "Comme maire d'une municipalité, je n'ai pas de pouvoir!"
Et les soi-disant élus des MRC et du CRÉ , malgré leurs talents et leur bonne volonté, n'ont pas davantage de pouvoir, autre que celui que daigne leur accorder, à l'occasion et pour faire bonne figure, le Pouvoir central (au sens de centralisé). Ce dernier nous arrose de "gugusses" quand il sent que la volonté des régions s'exprime trop fort. En d'autres circonstances, à l'intérieur même des régions, il joue une municipalité ou un groupe l'un contre l'autre pour se justifier de ne rien faire qui ne corresponde à ses intérêts, i.e., à son insatiable appétit de pouvoir.
Et on nous parle de décentralisation. La décentralisation, faut-il se le répéter, implique que des décisions et des actions d'ordre politique ou administratif, auparavant décidées et exercées par l'autorité centrale, sont remises à des autorités locales ou régionales élues. Les municipalités, à l'intérieur de champs de compétence déterminés, sont des structures décentralisées. Au niveau régional, c'est le néant. Citoyen, citoyenne, avez-vous déjà participé et/ou voté à une élection de MRC ou de CRÉ … Personne n'est élu à ces niveaux. Ce sont deux structures administratives sous la coupe gouvernementale.
Rien de neuf ne peut nous venir de Québec, encore moins d'Ottawa, disais-je. Ne comptons que sur nous-mêmes. N'oublions pas que le véritable pouvoir appartient aux citoyens et citoyennes. Les institutions politiques existent par et pour le peuple. Il nous appartient donc de nous donner les institutions les plus susceptibles de répondre à nos aspirations et à nos besoins.
Le Saguenay-Lac-St-Jean occupe une place particulière dans l'ensemble québécois. Nous avons un réservoir de richesse naturelles des plus diversifiées que même des pays trouveraient fort intéressant de posséder. Nous avons la matière blanche (énergie), la matière verte (forêt) et la matière grise (cerveaux). Nous avons aussi l'imagination et la créativité pour faire de cette région un lieu de progrès et d'espoir.
La région possède également une structure urbaine bien assise, des équipements hospitaliers et éducatifs adéquats. Elle est équipée d'un réseau commercial développé. Nos grandes industries, malgré les présents avatars et bien que ne constituant plus un moteur de développement aussi puissant, n'en demeurent pas moins appréciables. La région recèle un excellent potentiel d'universitaires engagés, d'administrateurs compétents, de gens d'affaires expérimentés, de jeunes entrepreneurs dynamiques, tous en mesure d'affronter les défis de l'avenir et de supporter la comparaison à l'intérieur comme à l'extérieur du Québec. De plus, notre main-d'œuvre régionale est l'une des plus qualifiées au Québec et elle s'adapte facilement, pour peu qu'on lui en fournisse les moyens, aux réalités nouvelles.
La population du Saguenay-Lac-St-Jean est capable de détecter ses malaises, d'imaginer des formules pour y remédier. Elle est aussi apte à fixer ses priorités. Elle a donc le devoir de prendre ses responsabilités. A cette fin, elle doit exiger un véritable pouvoir politique assorti des ressources fiscales nécessaires : la création d'une municipalité régionale, composée de représentants(es) élus directement par la population.
En reprenant la comparaison Saguenay-Montréal, plutôt qu'un ratio de 1-15 devenu 1-20 après les fusions, nous aurions, avec une municipalité régionale, ramené ce ratio à 1-10. Notre rapport de force serait donc déjà amélioré. Ce n'est pas l'essentiel, loin de là. La plus importante, décisive conséquence pour le rapport de force à créer: une région qui ne parle que d'une voix. De vrais élus qui défendent les intérêts et font la promotion de la région d'une seule voix : une solidarité établie sur la volonté populaire: une solidarité éclairée, active, convaincante, garante de succès.
En conclusion il faut passer en mode "action".
Avant de réclamer à gauche et à droite, donnons-nous le pouvoir de réclamer en établissant notre rapport de force.
J'interpelle donc:
1- les maires et conseillers siégeant aux quatre MRCs régionales de tenir, dans un premier temps, un "Lac-à-l'Épaule" pour discuter et préparer la fusion de ces quatre instances; dans un deuxième temps, proposer la tenue d'un référendum sur la création d'une municipalité régionale élue, lors des élections municipales de l'automne 2005.
2- les citoyens et citoyennes de toutes les parties de la région à se regrouper au sein de ce que je qualifie de "Comité de Salut public du Saguenay-Lac-Jean", pour soutenir et s'assurer de la fondation de la Municipalité régionale du Saguenay-Lac-St-Jean.